Jef Aérosol, de son vrai nom Jean-François Perroy, né en 1957 à Nantes, est une figure majeure du street art mondial et l’un des pionniers du mouvement. Artiste autodidacte, il commence à travailler au début des années 1980, au moment où la culture punk et l’essor du graffiti transforment profondément les paysages urbains. Il est aujourd’hui reconnu internationalement pour ses portraits au pochoir, souvent inspirés de personnalités de la musique et de la culture pop, qui ont contribué à façonner l’esthétique de l’art urbain contemporain. Son style, identifiable entre tous, se caractérise par des silhouettes noires percutantes, une forte charge émotionnelle et une mise en scène qui le place parmi les artistes les plus influents du genre, aux côtés de Blek Le Rat, Miss Tic ou encore Epsylon Point. Ses œuvres transmettent une urgence, une intensité et un regard sur la société à travers la culture urbaine.
En 2024, Jef Aérosol élargit encore sa présence sur la scène internationale. Il participe à l’Exporama 2024 à Rennes, où il expose au Musée des Beaux-Arts et réalise une fresque temporaire sur le M.U.R. de la rue Vasselot, prolongeant ainsi sa volonté de rendre l’art urbain accessible au plus grand nombre. En octobre de la même année, son travail prend place sur le cockpit du bateau Initiatives-Cœur pour le Vendée Globe 2024. Cette collaboration s’inscrit dans une démarche humanitaire puisqu’elle soutient la collecte de fonds pour les enfants souffrant de malformations cardiaques. Son influence croissante est également saluée par son entrée dans l’édition 2024 du Larousse, qui reconnaît son apport majeur à l’art urbain et contemporain. Les œuvres de Jef Aérosol figurent désormais dans de nombreuses collections de prestige à travers le monde.
La musique — particulièrement le rock — constitue depuis toujours une source essentielle d’inspiration pour Jef Aérosol. Ses portraits rendent hommage à des icônes telles qu’Elvis Presley, Jimi Hendrix ou Bob Dylan. Ils captent l’énergie d’une génération, figée dans le temps grâce à la technique du pochoir. S’il commence par des autoportraits, il élargit rapidement son champ à d’autres musiciens, artistes et anonymes, faisant de chacun un possible symbole urbain. Ses œuvres, souvent marquées par la solitude, la contemplation ou la rébellion, se distinguent par leur intensité émotionnelle. Une marque de fabrique traverse également son travail : la petite flèche rouge, un motif récurrent dont la signification reste volontairement ouverte, ajoutant une touche de mystère à ses compositions.
Parmi ses œuvres emblématiques, le « Sitting Kid » occupe une place à part. Ce pochoir représentant un enfant assis, absorbé dans ses pensées, est devenu un symbole universel de solitude et d’introspection. Il a connu une renommée telle qu’il est désormais visible sur la Grande Muraille de Chine. Une autre pièce monumentale, « Chuuut », installée face à la fontaine Stravinsky à Paris, s’étend sur 350 m² (22 x 14 m). Ce visage qui demande le silence est l’une de ses créations les plus connues, invitant les passants à la réflexion et à la retenue.
L’impact de Jef Aérosol sur le street art est considérable : ses pochoirs couvrent les murs de Paris, Londres, Rome, Lisbonne ou encore Bruxelles. Qu’il s’agisse d’œuvres permanentes ou éphémères, il embrasse pleinement la nature transitoire de l’art urbain tout en conservant la puissance narrative de ses sujets. Par son travail, il saisit l’énergie brute des rues, la force de la musique et l’expression de l’âme humaine. Aujourd’hui, son influence continue de s’étendre, faisant de lui l’une des figures incontournables de l’histoire de l’art urbain et du graffiti.